
L'Ami américain
1977
•
Drama / Thriller
•
2h08
Lucas Blandinières rated 7/10
L’Ami américain s’inscrit pleinement dans ce cinéma des années 70 capable de faire de la ville un personnage à part entière. Wim Wenders filme l’urbanisme avec un regard extrêmement attentif : bâtiments, rues, gares, stations de métro, détails architecturaux… La ville respire et encadre de façon assez originale les trajectoires humaines du récit. Cette manière de mettre en valeur l’espace urbain donne au film une vraie identité visuelle et une atmosphère singulière. Le film repose sur une galerie de personnages nombreux et assez atypiques. Dennis Hopper est immédiatement marquant en cowboy urbain excentrique, hors du temps, tandis que Bruno Ganz incarne avec beaucoup de justesse un homme condamné, anxieux, au bout du rouleau. La relation qui se développe entre eux, faite de méfiance puis d’une forme d’amitié fragile, constitue l’un des cœurs émotionnels du film. En revanche, le récit laisse une impression plus flottante. Les différentes pistes narratives, la maladie incurable, le marché de l’art, le contrat de tueur à gages, peinent à trouver une vraie cohérence d’ensemble. Les motivations des personnages restent parfois floues, notamment le choix de confier des éliminations à un homme ordinaire, ce qui rend l’ensemble moins embarquant. Reste un film très maîtrisé sur le plan formel : mise en scène élégante, superbe photographie, belle colorimétrie. Les vingt dernières minutes sont d’ailleurs assez prenantes, mais avec un final étrange et ambigu, fidèle à ce sentiment de d’interrogation qui traverse tout le film. Un objet fascinant par moments, mais assez déroutant.
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Synopsis
Tom Ripley, who deals in forged art, suggests a picture framer he knows would make a good hit man.
Reviews and Comments
3 reviewsL’Ami américain s’inscrit pleinement dans ce cinéma des années 70 capable de faire de la ville un personnage à part entière. Wim Wenders filme l’urbanisme avec un regard extrêmement attentif : bâtiments, rues, gares, stations de métro, détails architecturaux… La ville respire et encadre de façon assez originale les trajectoires humaines du récit. Cette manière de mettre en valeur l’espace urbain donne au film une vraie identité visuelle et une atmosphère singulière. Le film repose sur une galerie de personnages nombreux et assez atypiques. Dennis Hopper est immédiatement marquant en cowboy urbain excentrique, hors du temps, tandis que Bruno Ganz incarne avec beaucoup de justesse un homme condamné, anxieux, au bout du rouleau. La relation qui se développe entre eux, faite de méfiance puis d’une forme d’amitié fragile, constitue l’un des cœurs émotionnels du film. En revanche, le récit laisse une impression plus flottante. Les différentes pistes narratives, la maladie incurable, le marché de l’art, le contrat de tueur à gages, peinent à trouver une vraie cohérence d’ensemble. Les motivations des personnages restent parfois floues, notamment le choix de confier des éliminations à un homme ordinaire, ce qui rend l’ensemble moins embarquant. Reste un film très maîtrisé sur le plan formel : mise en scène élégante, superbe photographie, belle colorimétrie. Les vingt dernières minutes sont d’ailleurs assez prenantes, mais avec un final étrange et ambigu, fidèle à ce sentiment de d’interrogation qui traverse tout le film. Un objet fascinant par moments, mais assez déroutant.





