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Sur la route

2012

Jack Kerouac

PM

Pierre Mouniq plans to do

Bribes : Sur la route, Kerouac c'est tellement difficile de prendre la bonne décision, au jour le jour, dans ce monde febrile et imbécile Elle se tenait la, et les grands vents venus du Sskatchewan faisaient voler ses boucles vivantes comme des voiles autour de son charmant visage. Je lâcherais tout pour elle, je me jetterais à sa merci, et si elle ne voulait pas de moi, je n'aurais plus qu'à me balancer dans le vide sidéral. Avec en plus une idée qui me traverse, des rêves vagabonds, ensorcelés par de vaines promesses Dans le couchant fatal de l'Illinois au milieu des champs qui rêvent La grande métropole de Chicago luisait rouge, sous nos yeux La limousine étincelante s'était transformée en catafalque crotté. Elle avait payé la rançon de la nuit. Neal et moi, on frissonnant dans les haillons du jour Elle avait 18 ans, jolie comme tout et paumée. C'est la que j'ai compris qu'elle était toujours aussi formidable, comme fille, mais quelque chose nous séparait aujourd'hui, et qu'on arriverait jamais à se remettre ensemble. ça m'a rendu carrement triste. Ce quelque chose, c'était le passage des années : elle avait changé, changé d'amis, changé de soirées, de centres d'intérêt, et tout et tout, et en plus elle se négligeait, elle se laissait aller. Pourtant, l'étincelle était toujours là. Elles se détournent de toi, comme elles changent de manteau de fourure, elles s'en foutent. Les femmes oublient, et les hommes pas. C'etait tout une époque de ma vie qui était balayée. Quand les villages gris d'une aube fantôme sont venues bouffer aux fenêtres du cinéma et s'accrocher aux tuiles du toit, je dormais. Mieux vaut l'anonymat chez les hommes que la célébrité du ciel. On avait tellement l'habitude d'itinerer qu'il nous a fallu parcourir comme ça tout Long Island, mais là, ma terre s'arrêtait, il ne restait plus que l'océan Atlantique, impossible de pousser plus loin. On s'est serré la main, on s'est juré d'être ami pour toujours. C'etait une brunette, belle plante et sexy, "droit sortie d'un tableau de Degas" comme disait Villa. l'idée qu'on se fait de la belle pute parisienne, en somme. Je peux bien vivre n'importe où, j'ai toujours les pieds pas loin de mes pompes, prêt à me tirer, prêt à me faire virer. Son ombre le suivait, sigeant sa démarche, ses pensées, tout son être. Puis brusquement, il a disparu, s'engoufrant dans sa vie. Je passais des heures formidables, et le monde s'ouvrait à moi parce que je n'avais aucun rêve. Il s'est saoulé avec une frénésie seraphique Sur l'immense plaine de la nuit etait sise la premiere ville du texas. Plus on descendait vers le sud, plus il faisait chaud dans cette nuit voluptueuse. On touchait le fond, la lie de l'Amérique, là où atterrissent les canailles, là où échouent les désorientés, en quête d'un point de chute ou filer en douce. On sentait couler la contrebande dans un air doux et sirupeux Apres toutes ces années, les bons moments et les sacrés quart d'heure.

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7.6/10

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Summary

« Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. [...] Neal, c’est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route... » Neal Cassady, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs. La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l’auteur a crépité son texte sans s’arrêter, page unique, paragraphe unique. Aujourd’hui, voici qu’on peut lire ces chants de l’innocence et de l’expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd’hui on peut entendre dans ses pulsations d’origine, le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phrase de sax ténor dans le noir. Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l’éphémère. « Quand tout le monde sera mort », a écrit Ginsberg, « le roman sera publié dans toute sa folie. » Dont acte. (Josée Kamoun)

Reviews and Comments

21 reviews
Jackie ABIDAT
Jackie ABIDATrated ★ 5/10
August 24, 2025

Arrêt page 188 - dimanche 24/08/2025 Ennuyeux a mourir Livre culte mais pas pour moi Road Movie sans intérêt…

Théo Schotté
Théo Schottérated ★ 5/10
August 10, 2025

Très mitigé par le livre. C'est le plus americain des livre américain que j'ai lu... Et je pense qu'il a assez mal vieilli on tombe vite dans des propos raciste homophobe et misogyne. J'ai adoré au début l'idée de la vie sur la route d'un groupe de potes qui s'en fiche de tout, qui voyage comme ils peuvent en Amérique sans un sou en poche qui picole beaucoup. Plus on lit plus on déteste Dean qui est un peu (beaucoup) égoïste et paumé. Le problème c'est qu' on tombe très vite sur un schéma qui se répète du sexe, drogue, alcool, voyage pendant 400 pages ...

Nicolas Lamorlette
Nicolas Lamorletterated ★ 5/10
November 30, 2024

Histoire sans relief à voir si je le relis

CG
Claire Gillotrated ★ 8/10
August 28, 2024

Recommandé par Memorizer, car vous avez aimé 'Les neiges du Kilimandjaro'.

JP
Jean-Marc Pequignotrated ★ 9/10
May 5, 2024

Le rouleau original

MD
Manon Djedainirated ★ 9/10
Yesterday

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