j’ai trouvé « jamais plus » très pertinent.
même s’il n’évite pas les clichés de la nouvelle rencontre passionnelle, le charme de l’inconnu, provocateur et sensuel, abonné aux relations d’un soir et aux sentiments qui ne durent pas, le film résonne dans sa présentation générale.
on ne s’attend pas à ce qu’il puisse prendre une tournure violente ou s’installer comme une destruction intérieure progressive du personnage principal, lily. Ce n’est que lorsque le dénouement final se présente à nous qu’une opportunité s’offre de revisiter la manière dont nous avons regardé le film au travers de flash-backs marquants et significatifs.
ce qui rend le film dévastateur, c’est la façon dont il montre comme la violence s’installe progressivement sans qu’on s’en rende compte, et comme le point de rupture se trouve toujours un peu trop près de la mort. C’est la façon dont l’illusion de l’amour prend toute la place et se compose doucement en un chemin qui cause la perte. La manière dont une relation passionnelle un jour peut devenir une destruction du lendemain.
à notre ère où les violences conjugales et/ou intrafamiliales sont au cœur des débats, « jamais plus » innove au travers de performances exceptionnelles des acteurs ! le film offre aussi une porte de réflexion sur l’impact du traumatisme transgénérationnel très intéressante. Comment briser le cycle ?
note : si j’ai pu lire des avis disant que les violences conjugales avaient été romantisées au travers d’une comédie, je n’ai pas du tout perçu le film d’après ce prisme. En mon sens il n’est pas dépeint comme une comédie amoureuse gnan-gnan qui pardonne tout ou une guimauve du dimanche soir, mais comme une peinture profonde du masque qui se trouve sur les yeux des victimes. Le film traverse la perspective de Lily, corrompue par ses sentiments ambivalents et luttant encore contre ses restes traumatiques de l’enfance. Il ne vient pas blâmer la victime et encore moins idolâtrer l’agresseur, mais il propose une perspective audacieuse qu’on attendait pas.
J’ai d’ailleurs fortement apprécié que Lily ne finisse pas sur un baiser avec Atlas, parce que ça aurait donné plus de crédit à la relation romantique qu’à la dureté de se ré-engager dans une relation après avoir subi des violences. Appréciable que les spectateurs n’obtiennent pas satisfaction sur ce coup car cela a rajouté au réalisme.
c’est un 18/20 pour moi, du cinéma du vrai !