Dino Risi • 1971 • 1h43 • avec Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, Ely Galleani, Yvonne Furneaux.
Modeste juge désabusé, Bonifazi n'a plus guère d'illusions sur la société dans laquelle il vit. Pour lui, les hommes d'affaires ne sont qu'exploiteurs, pollueurs, profiteurs et prévaricateurs. La mort suspecte d'une call-girl le conduit à enquêter sur Santenocito, un riche industriel qui dirige d'une main de fer de nombreuses entreprises, le type même de l'individu que Bonifazi déteste. Il s'acharne alors à prouver que Santenocito a tué la jeune fille. Celui-ci, pris de panique, use de divers stratagèmes pour s'attirer les bonnes grâces du magistrat, et va même jusqu'à se fabriquer de faux alibis. En vain...
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C'était une bannière commode : sous le terme « comédie à l'italienne » (inventé par les Italiens), on vendait il y a une quarantaine d'années les films doux-amers d'Ettore Scola, les épopées picaresques de Mario Monicelli et les fables grinçantes de Dino Risi. Ce dernier (1916-2008) était le maestro du genre : drôle et cinglant, pointant les ridicules des uns, les monstruosités des autres, et contribuant peut-être plus qu'un autre à tirer le portrait d'une Italie tiraillée entre tradition et progrès. Dans Au nom du peuple italien (1971, sorti sous le titre Le Petit Juge), il pointe de façon prémonitoire la lutte sans fin des magistrats (Ugo Tognazzi les représente avec conviction) contre les industriels corrompus et fanfarons (Vittorio Gassman, irrésistible), dont on peut dire, a posteriori, qu'ils firent le lit du berlusconisme. Le film dose à merveille amertume et ironie, comédie et tragédie.
TÉLÉRAMA • Aurélien Ferenczi • Publié le 24 août 2013.